Lendemain de journée de la Terre
Un chant dans le silence hurle
nos gueules de bois

Pour fêter la Journée de la Terre je partage ce panorama (vue sur le Puy Mary depuis le Falgoux) de ma toute récente virée de 4 jours dans le Cantal.
A propose de cette journée de la Terre je me pose cette question lancinante : pourquoi une seule journée alors que tous les jours devraient être dédiés à prendre soin d’elle et des vivants ! Pour éviter de m’énerver sur cette question, je vais juste vous partager ma joie d’avoir partagé ce long week-end à guider au Pays de Salers, dans le Cantal Julietta, une amie arménienne qui rêvait de (re)voir la montagne. Elle qui n’est pas partie en vacances depuis de nombreuses années. Elle qui a vécu son enfance en Géorgie en montagne chez son grand-père puis en Arménie près du mont Ararat. Elle qui a perdu sa mère à 12 ans et son père à 18 ans et a du émigrer en Russie, puis en France.
En escaladant le Puy Violent près de Salers, rude épreuve pour elle qui n’est pas une habituée de la randonnée, tous les souvenirs lui sont revenus comme des boomerangs émotionnels.
Sa joie et sa nostalgie mêlées affleuraient dans tous les instants de ces quatre jours très intenses.
J’ai aimé cueillir avec elle des orties fraîches et les cuisiner en soupe onctueuse, s’allonger pour une sieste dans un champ de jonquilles sauvages, en cueillir un bouquet, promesse faite à sa petite fille, le ramener dans un gobelet coincé sous le changement de vitesse tout le voyage du retour, son odeur embaumant la twingo ravie.
J’ai aimé, sous un névé, découvrir des crocus blancs à peine rescapés de la neige tombée une semaine avant, surprendre dans le lointain deux chevreuils (ou chamois?) s’enfuir en bondissant.
J’ai aimé parcourir en touriste le village médiéval de Salers, prononcer sans le s, aux pierres grises volcaniques et toits de lauze.
Un shoot émotionnel de nature et de montagne pour moi dédoublé donc.

Si vous souhaitez écrire en lien avec la nature les 30 et 31 mai prochain en Touraine, inscrivez-vous vite au stage « Écrire en résonance avec soi et le monde ». Il est co-animé par la poète Albane Gellé et moi-même. Une expérience poétique unique à vivre. Nous pourrons, entre-autres, profiter d’un jardin verger de 1ha et sa serre pour inspirer nos plumes.